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La compagnie de théâtre "les enfants de la mer"

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Iago

d'après Othello de Shakespeare

synopsis

« Le More change déjà sous l'influence de mon poison. Les idées funestes sont, par leur nature, des poisons qui d'abord font à peine sentir leur mauvais goût, mais qui, dès qu'ils commencent à agir sur le sang, brûlent comme des mines de soufre... Ni le pavot, ni la mandragore, ni tous les sirops narcotiques du monde ne te rendront jamais ce doux sommeil que tu avais hier. » Ainsi parla Iago.

distribution

D'après Othello de Shakespeare
Adaptation et mise en scène José Exélis
Assisté de Caroline Galin et Patrice Le Namouric

Avec Gilbert Laumord
Voix off Thomas Guerin
Environnement technique Son, Lumière, Décor Dominique Guesdon, Valéry Pétris
Accessoire Patrick Bernard
Costume Sylviane Gody
Musique Jean-Pierre Alarcen, Henryk Mikolaj Gorecki
Montage musique Philippe Vidor
Durée 75 mn -Création 14/04/05 - Cmac - Scène nationale de Martinique

Production Compagnie Les enfants de la mer
Coproduction Cmac - Scène nationale de Martinique

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication - Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Martinique, du Conseil Régional de la Martinique et du Centre des Arts de Pointe à Pitre dans le cadre d'un accueil studio.

mot du metteur en scène

Othello, drame universel, drame de tout temps !
Othello n'est pas tant le drame de la jalousie que celui de la dépossession, avec tous ses corollaires et son cortège de peurs, de doutes, d'inquiétude et de néant. Car c'est du néant qu'il s'agit ici. La perte... même celle de soi, tel un Iago qui à l'instar d'un Lucifer, ange d'ombre et de lumière, précipite tout le monde dans le vide, le chaos. Bref, on se retrouve plongé dans un entre-deux.
Et c'est cet entre-deux, réalité que je crois aussi repérer dans l'inconscient collectif et individuel de certains peuples, qui m'interpelle. Pour ce faire, monologuer le fabuleux texte de Shakespeare me paraît être la proposition la plus appropriée pour faire entendre ce propos du moment.
Le comédien, « paroleur », pardonnez-nous ce néologisme, tour à tour, chanteur, danseur, au tréfonds de la parole distanciée, nous faire entendre une vision intimiste du drame d'Othello et de Iago.
Le comédien, être protéiforme, dantesque, « caubérien », nous livre les méandres, les affres et les ressorts de cette dualité séculaire qui nous habite tous : pour paraphraser Iago « Je ne suis pas ce que je suis.. ».
Alors nous nous interrogeons : Qui sommes-nous ? Qu'est ce qui nous anime ?

Tournée

2005

  • 14, 15 et 16 avr. 20h Cmac, scène nationale de Martinique
  • 19 et 20 avr. 20h Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre
  • 20 avr. 9h scolaire - Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre
  • 5, 9, 10 nov. 20h Cmac, scène nationale de Martinique
  • 7 et 8 nov. scolaire Cmac
  • 18 nov. 14h scolaire L'Artchipel, scène nationale de Guadeloupe
  • 19 nov. 20h L'Artchipel, scène nationale de Guadeloupe

Gilbert Laumord

Il est formé à l'Ecole Nationale d'Art Dramatique du Danemark « Statens Teater Skole i Kobenhaun ».
Il a suivi des stages avec J. Guillemet, J.C. Penchenat, Serguei Zemtsov et Igor Zolotovisky, Hervé Denis, Philippe Adrien... et suivi une formation en danse et musique traditionnelle à l'Akadémiduka.
Au théâtre, il a joué sous la direction de divers metteurs en scène et chorégraphes tels que Sonia Emmanuelle (An tan révolisyon de M. Condé) J. Jérémie (Black Label de G. Damas et Veillé Noire), J.C. Bardu (Suite pour K???...de J.C. Bardu), An siyaj a lavi de G. Laumord mis en scène par lui-même. A.Timar (Lettres Indiennes de G. Dambury et Inventaire d'une mélancolie de P. Chamoiseau), Sito Cavé (Chemin de Galta), A. Lerus (Deux vieux paniqués), G. Germain (Le balcon de J. Genêt ), A. Vespan (Zoo story de E. Albee), J.L. Hourdin (A l'aventure de E. Peiller), G. Dambury (Carêmes).....
Au cinéma et à la télévision, il a joué avec Christian Grandman (Tèt grénné), A. Abela (Makibefo), C. Mauduech (La nouvelle vie), C. Chabrol (Rien ne va plus), Pierre Unia (Coeur de couleur), Jean Labib (Noirs et blancs) Raoul Sangla (Tisot et Pansa), Kasper Rostrup (Le Misanthrope)...
En Avril 2002, il fonde sa compagnie de Théâtre SIYAJ. « Avec le temps...Con el tiempo... » est la première création de la compagnie. Il a joué ensuite dans « El Venerable », texte et mise en scène d' Eugenio Hernandez Espinosa, « Circuit fermé », texte et mise en scène de Yoshvani Medina et en 2005, interprète et révèle les principaux protagonistes de « Iago », d'après Othello de Shakespeare, adaptation et mise en scène de José Exélis.
En 2007, il produit « Comme deux frères » de Maryse Condé, adaptation dramaturgique de José Pliya et mise en scène de José Exélis, pièce dans laquelle il jouera au côté de Ruddy Sylaire.

La presse en parle ...

L'IAGO de J. Exélis : Un pari risqué, osé et en grande partie gagné

On ne le répétera jamais assez, la première question, celle qui conditionne toutes les autres que tout metteur en scène devrait se poser avant de monter un texte est celle-ci : « quelle urgence y a-t-il, ici et maintenant, à le faire ? » José Exélis y répond pleinement en présentant son « IAGO » d'après Othello de Shakespeare. Gilbert Laumord, en scène monologue le texte, il est tour à tour Iago, Othello, Cassio, Desdémone etc.

Il y a là une prise de risque osée. Le début est un peu confus, brouillon, tant il est difficile de suivre le texte dans la multitude de personnages convoquée devant le spectateur. Ce parti pris contraint son comédien à un jeu outré, caricatural, à la limite du grand guignol qui n'est pas son registre de prédilection. Ce n'est que quand il a devant lui un peu d'espace pour habiter son texte que G. Laumord capte l'attention et déploie son talent.

Comédien à la présence puissante, massive et dense, il excelle dans les mouvements lents beaucoup moins dans la précipitation. Son talent nous conduit au coeur du propos de J. Exélis. Iago, la part maudite d'Othello est nôtre, hic et nunc. C'est la part blanche de nous-même, écrite à l'encre sympathique, si mal nommée en l'occurrence, qu'un choc, une rencontre, une ligne de fuite, un amour, va révéler. Elle conduit à exciter la haine. « J'ai vu de mes yeux et j'ai bien connu un tout petit en proie à la jalousie. Il ne parlait pas encore, et déjà il contemplait, tout pâle et d'un regard empoisonné, son frère de lait ». Cet extrait des Confessions de Saint-Augustin très souvent commenté par Lacan offre une piste à la compréhension de Iago.

Au delà d'une rivalité mortifère de semblable à semblable, admirablement soulignée par J. Exélis dont le propos transcende les oppositions de couleurs de peaux entre Othello et Iago, naît une haine féroce de la part de celui qui se sent spolié par l'existence supposée d'une jouissance pleine et entière du rival qui possède ce dont il est privé. Il s'agit plus d'envie que de jalousie.

Dominique Guesdon, responsable des lumières, affectionne les contrastes, les éclairages tranchés, qui pour l'occasion soulignent avec justesse les intentions du metteur en scène. Son travail épuré accompagne avec brio ce qui se passe sur le plateau. Il se dégage de l'ensemble une beauté plastique au service du texte. Le travail de José Exélis est tout en précision et dégage une certaine rigueur jusques et y compris dans l'excès, et le débordement des passions.

La gageure était difficile, le pari osé. Il y a certainement à élaguer dans ce travail mais l'ensemble est plus qu'honorable. Souhaitons à ce spectacle suffisamment de représentations pour qu'il puisse trouver son rythme de croisière. Il restera, néanmoins, un des meilleurs de cette année.

14 avril 2005 - Cmac - Scène nationale de Martinique (Première de création)
Roland Sabra - Le Naïf 125 AVRIL-MAI 2005

Iago, revu et corrigé par José Exélis

Au cours de sa 21e Rencontre Théâtrale, le CMAC a présenté « Iago », une création « Cie Les enfants de la mer » (Martinique), d'après Othello de W. Shakespeare. L'adaptation de José Exélis mérite que l'on s'y arrête.

Le premier pas vers cette adaptation d' « Othello » mise en scène par José Exélis, est une interrogation agitée. En présence de ce one-man-show d'une heure passée, déclamée façon Shakespeare, la question reste : Etre ou disparaître ?

Pour que le lecteur accepte de demeurer, encore faut-il qu'il trouve la force, la subjectivité nécessaire pour regarder en face son intériorité fébrile et susceptible. Aussi le besoin d'aller chercher ailleurs, loin de cercle brûlé de son nombril, une tentative d'explication quant à son agressivité culturelle « et son cortège de peur, de doutes, d'inquiétudes et de néant ».

Mais ce principe se heurte à une tendance lourde car l'individu est enclin naturellement à se définir comme différent ou meilleur que « l'autre ». La réalité a des effets déprimants et le risque, c'est le désespoir. Souvent ne nous voulons pas entendre la dualité en nous, cette contradiction que « Iago » nous montre ; copie conforme dans bien des cas, une folie bien ordinaire

A ce moment de la Création, l'homme plié, se dresse, dantesque et vient nous servir tout bas le strass et toute l'ambiguïté qui sévit dans les méandres de la pensée humaine.

Déjà « Iago » se joue de l'espace et du temps, il a toutes les idées, les affirmations, chaque réponse. Volte-face, magie de lui-même, il est multiple et nous habite. Nous assistons à son raisonnement, à sa calme stratégie, à ses simagrées de circonstance comme un jeu mécanique bien huilé.Iago a-t-il un cœur ?

Nous partons dans ses répliques interlopes. Le gredin creuse son dos de salamalecs virtuoses, de courbettes assassines ou de pièges mouillés de venin : les idées funestes des projets qui l'animent. L'occupation scénique est pure trouvaille, quand le décor accessoire et les musiques cathédrales, complices partenaires, remplacent dans le rythme dansé et chanté, les visages inutiles dits de larmes et d'épée.

Il va de l'un à l'autre, de lui à nous, spectateurs confisqués, obligés de subir en cadeau la destruction hyper réaliste de pratiques courantes, lorsqu'il mime le drame qu'il consomme à mots bas, lorsque sa rage éclate et le consume par le bas. « Iago » a-t-il un cœur ? Lui-même ne le sait pas. Il jubile sans raison d'une indéfinissable paix.

Une controverse va bon train quant à la réalité des écrits de Shakespeare, qui n'a rien publié de son vivant. Et d'aucuns accordent la paternité de son théâtre au philosophe Francis bacon. Saura-t-on jamais ? Ce qui est certain, c'est que la pièce jouée ici est l'authentique travail de José Exélis, avec le fort talent protéiforme de Gilbert Laumord.

Christian Antourel - FRANCE-ANTILLES Magazine - Martinique
L'œil en coin - Semaine du 30 avril au 6 mai 2005

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