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La compagnie de théâtre "les enfants de la mer"

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Les Enfants de la mer

d'après la nouvelle d'Edwidge Danticat

synopsis

4 heures du matin, une aube grisâtre, clapotis de l'eau. Petits cris et chuchotements. Des femmes se préparent, la peur au ventre, à mettre flot une frêle embarcation.

Direction MIAMI : espoir ultime de ceux qui fuient leur patrie.

Un étudiant à bord du boat people entretient tout au long de ce périple une correspondance imaginaire avec sa fiancée restée à Port-au-Prince.

distribution

D'après la nouvelle d'Edwidge Danticat
Adaptation et mise en scène de José Exélis

Chorégraphie Suzy Manyri
Distribution Keziah Apuzen, Yna Boulangé, Catherine Césaire, Amel Aïdoudi, Suzy Manyri, Françoise Prospa, Suzy Singa
Création lumière Dominique Guesdon, Valéry Pétris
Décor Dominique Guesdon
Durée 70 mn

mot du metteur en scène

Cette nouvelle d'Edwidge Danticat révèle une écriture dense. Le texte tour à tour lyrique et intimiste, nous interpelle, nous émeut et nous bouscule à plus d'un chef. Haïti île sœur.

Un regard lucide, un constat déchirant et implacable sur la réalité d'Haïti, réalité en permanence aux portes du monde. Tous les boat people se ressemblent : l'intolérance, la discrimination, l'usage de la violence mentale et physique sont toujours de mise. Mais ce qui fait la force de ce texte, c'est qu'il s'adresse à tous les enfants de la terre et de la mer, sans pleurer la misère, avec une pudeur indicible.

DANTICAT parle à tous les purgés, les oubliés, les rejetés. Elle parle pour les sans paroles, les sans mots, les sans noms, les va-nu-pieds. Cour des miracles moderne ? Bref, Elle parle du peuple...tout simplement, de ces soi-disant «petites gens» qui sont grands dedans, elle en parle avec amour, ferveur, retenue et douleur. Le temps de dire : «On dit que derrière les montagnes se trouvent d'autres montagnes et encore d'autres montagnes et puis enfin la mer... Je sais aussi qu'on y trouve des gens dont les noms ne ressemblent qu'à eux-mêmes !» Le temps de dire ainsi soit-il ? J.E

L'auteure, Edwidge Danticat

Edwidge Danticat est née à Port-au-Prince (Haïti) le 19 janvier 1969. Quand elle a deux ans, son père émigre à New York ; deux ans après, sa femme le rejoint. Danticat et un frère restent en Haïti chez un oncle et sa femme. À 12 ans, elle rejoint ses parents à Brooklyn et s'installe dans une nouvelle langue et un nouveau pays.
Elle publie ses premiers textes dès les années de High School, dans le journal de l'école où elle termine ses études secondaires. Elle obtient un premier diplôme universitaire (B.A.) à Barnard College en lettres françaises avant de poursuivre, boursière, une maîtrise en Beaux-Arts (MFA) à Brown University. Avant même d'être terminée, sa thèse en « creative writing » est acceptée pour publication. Le texte qui en résulte - Breath, Eyes Memory (traduit en français sous le titre Le cri de l'oiseau rouge) - a autant de succès auprès des critiques que du public. L'écrivaine a 25 ans. .../...

Pour en savoir plus : www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile

Tournée

2005

  • . 25 nov. Cmac - Scène nationale de Martinique
  • . 2 et 3 déc. Musée Dapper - Paris 16ème

2004

  • . 7 au 30 juil. Chapelle du verbe Incarné - Avignon
  • . 24 juin - Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre
  • . 2 et 3 avril - Théâtre de Fort-de-France

La presse en parle ...

Caraïbes et paroles de femmes

Des femmes, foulard noué sur la tête, ventre noué d'angoisse, regardent une dernière fois la côte, leur pays, Haïti. Elles fuient Duvalier et ses tontons macoutes, elles partent sur une embarcation de misère pour Miami. Ces boat people dont on parle peu racontent leur terre, leurs peurs, leur mort, leurs espoirs. Ce spectacle qui mêle chants, danse, texte tiré d'une nouvelle d'Edwidge Danticat, est mis en scène par le Martiniquais José Exélis et interprété par sept comédiennes qui maîtrisent leur jeu, rassemblées autour d'un projet pour dénoncer, par la voix intimiste et poétique de Danticat, le malheur, l'arbitraire, la violence rencontrés par les Haïtiens.
Avec trois fois rien, des escabeaux, un drap, des lumières d'aube grise ou de pleine nuit, on assiste au voyage implacable et douloureux de ces femmes affamées, effrayées. Un théâtre généreux mais qui ne tombe pas dans le folklore..

Marion Thébaud - LE FIGARO (Nº 18645) - Publication du samedi 17 et dimanche 18 juillet 2004

"Les Enfants de la mer" de Edwidge Danticat

Les Enfants de la mer est l'adaptation théâtrale d'une nouvelle d'Edwidge Danticat, auteur haïtienne, contant l'odyssée d'un boat people qui fuit l'horreur du régime de Papa Doc de triste mémoire. En filigrane du récit de cette épopée tragique, il y a le rêve d'une correspondance amoureuse entre deux fiancés que l'océan, désormais, sépare. José Exélis, qui a mis en scène ce spectacle, tisse, sur la trame de cette nouvelle, l'histoire de toutes les oppressions. Les boats people sont le lieu ultime des exilés de la terre et le témoignage au quotidien de ces navigateurs d'infortune à la force de l'authenticité (deux des comédiennes ont connu cette douloureuseexpérience). D'où le parti pris de mettre en scène sept femmes, matrices de la vie et de la culture et, pour cela, cibles choisies des tyrannies modernes. Elles sont aussi le symbole, par leurs différences, de la mosaïque des continents, des ethnies, des couleurs et, par là même, des Caraïbes, carrefour des diversités. José Exélis est un acteur engagé de la vie culturelle antillaise. Son message, hors de tout didactisme, se fonde sur la conscience d'un imaginaire collectif et, en corollaire, sur l'osmose des genres et des arts.La réussite de cette pièce tient justement dans la parfaite cohésion entre le chant, la narration et la danse. Son théâtre est fait d'évidence et donne à comprendre par empathie des sens. Tout passe avec la force de la simplicité : la majesté des opprimés, la communion des âmes perdues, la beauté des corps en souffrance. Car, il faut dire combien elles sont belles, ces sept comédiennes qui laissent éclater leur joie de jouer et donnent à voir, en définitive, un spectacle qui prend aux tripes.

Didier Dahan - Festival d'Avignon 2004 La Théâtrothèque.com / SORTIR :theatrotheque.com
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Exélis et Guesdon ?

Ces deux là font la paire pour « les enfants de la mer »! Ils nous emmènent aux limites du théâtre dans un univers de fragmentations, d'éclats de verre, de rires et de larmes multicolores, de condensés de vies broyées mais toujours prêtes à rejaillir, protéiformes, multiples et indomptables. Boat people à la dérive vers Miami Elles sont sept sur scène, sur un bateau sur un radeau, sept comme les jours de la création, les portes de Thèbes, les plaies d'Egypte, les branches du chandelier, les péchés capitaux ou les merveilles du monde. Elles nous comptent et nous content encore, les dictatures ordinaires d'Haïti et d'ailleurs, les assassinats, les viols, les incestes obligés sous la menace du fusil, l'espoir et l'espérance d'un autre monde qui fuit toujours à l'horizon. Mais ce sont des femmes. La vie est en elles, inexorable, pugnace, sourde, inflexible et si l'une se laisse couler dans les flots c'est parce que la vie l'avait déjà quittée, bien avant d'embarquer sur le radeau. Elles nous parlent de la complicité, de la solidarité, de l'entraide, des liens d'amitié, de la douceur et de la tendresse entre femmes dans l'univers le plus extrême qui soit, dans un monde où les requins réels ou figurés les cernent, ou les fascistes pluriels et singuliers les traquent. Quand la famine les tenaille elles invitent au partage. Elles nous disent qu'elles se reconnaissent dans l'autre semblable et étranger. Tant qu'il y aura des femmes... rien ne sera définitivement perdu.
La bonne idée d'Exélis est d'utiliser des formes théâtrales elles aussi éclatées, d'être à la limite des genres, danse, chant, mime, conte créole, pour une épopée aux limites de la vie, pour un patchwork d'existences sur le fil du rasoir, au bord de cet abysse dévoreur.
La forme utilisée est rarement gratuite, presque toujours en symbiose avec le propos de la scène dont elle contribue à l'émergence. Reste que si le texte initial est un récit non pensé pour le théâtre il doit être difficile de mieux faire et on attend, metteur en scène et scénographe dans un texte du « répertoire » ne serait-ce que pour les voir se colleter avec cette contrainte.

En attendant la paire Exélis-Guesdon s'aventure près des frontières, aux bornes de l'impossible, elle nous a proposé cette année un Othello réduit à un personnage, IAGO, et un essai de décloisonnement des arts de la scène, une subversion des différenciations entre espace du théâtre et espace de la cité dans « Les enfants de la mer ». Le spectacle commence dans la salle rejoint la scène retourne dans la salle et revient sur le plateau. Comment être plus didactique? Du bon travail!

Roland Sabra - Madinin'Art - Fort-de-France - Nov. 2005

A lire aussi, entretien avec José Exélis sur africultures.comPropos recueillis par Stéphanie Bérard. Avignon, le 28 juillet 2004. Publié le 28/09/2004 africultures

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